Le Tarot de Marseille : exercice d’écriture avec des contraintes

Master class avec un auteur réputé

Je suis inscrite à la Master class de Bernard Werber, auteur à succès de la trilogie des Fourmis (entre autres)

Dans un exercice de la « formation », il propose d’utiliser un jeu de tarot de Marseille. Non pas pour prédire l’avenir, mais pour créer une petite histoire de 2 pages, avec des contraintes liées au tirage.

Je trouve vraiment cet exercice très intéressant, n’ayant pas une grande imagination, mais de la créativité, ses contraintes me guident et m’aident à structurer mon récit. J’avais déjà fait des exercices littéraires ici et , que vous pouvez retrouver sur mon autre blog.

Déjà je n’ai pas de tarot, c’est ballot. Du coup, j’ai pris du papier, un ciseau et j’en ai fabriqué un vite fait pour pouvoir faire l’exercice comme préconisé.

Bernard Werber nous explique déjà ce que veulent dire chaque carte qu’il nous propose, il y en a 22.

Comment utiliser le jeu de Tarot ?

Nous devons faire un tirage de 5 cartes, en forme de croix.

La carte à gauche déterminera le Héros, celle de droite sera l’Aventure, en haut la carte qui va nous aider, en revanche en bas celle qui ne va pas nous aider. Et enfin au milieu, celle de l’aboutissement.

Voici mon tirage :

mon tirage de tarot fait maison

Mon héros : le bateleur

L’aventure : l’empereur

Ce qui l’aide : le jugement

Ce qui ne l’aide pas : le monde

L’aboutissement : l’arcane sans nom

Alors à quoi ça correspond rapidement :

carte bateleur

Bateleur : il sait qu’il est ignorant et qu’il doit faire un travail.


carte empereur

Empereur : il est dans l’action et va apprendre au héros comment avancer.


carte jugement

Jugement : la justice vient du ciel, le héros a réussi son initiation  et est prêt pour la suite.


carte monde

Monde : il a trouvé ce qu’il voulait, un trésor, le Graal, la joie.


carte arcane sans nom

Arcane sans nom : le changement. Le héros a une vie qui ne fonctionne pas, il faut qu’il change. C’est la remise en question, un nouveau départ.

La consigne est juste de s’inspirer de ce tirage pour raconter une histoire.

Résultat de l’exercice d’écriture

L’envers de la passion

Esteban, la trentaine, vit à Paris. Il mène une vie somme toute tranquille. Banquier, célibataire et joueur invétéré de poker. Dès qu’il quitte son agence bancaire, il file chez lui se connecter à une plateforme en ligne pour jouer. Et ce, jusque tard la nuit. Parfois il mange même devant son PC pour ne rien louper. Le week-end il sort uniquement dans son bar fétiche, dans lequel il retrouve des amis pour boire et jouer au poker.

Cette passion lui est venue après un reportage télévisé. Il voulait gagner un peu plus d’argent et comme il est un brin bluffeur dans la vie de tous les jours, il s’est dit que ça serait peut-être une bonne idée, d’apprendre toutes les ficelles du poker et de parier. Au début, il n’osait pas trop, avait peur de perdre plus que ce qu’il pourrait gagner. Puis, il a commencé à être meilleur et a joué un peu plus d’argent. Il arrivait à se faire entre 200 et 300€ en plus par mois. L’argent appelant l’argent, il s’est mis à parier de plus en plus. Parfois il regagnait sa mise, mais aussi la perdait et plus encore. Les mois où il perdait plus ce que qu’il gagnait, plutôt que d’arrêter, il continuait des nuits entières. Le matin au travail, il était complètement endormi et il a fait des petites erreurs. Jusqu’au jour où il en a fait une énorme. Une faute grave, qui lui a valu un licenciement sans dommages et intérêts.

Du jour au lendemain il s’est retrouvé sans rien. Pour survivre il a vendu quelques objets, mais ça ne suffisait pas. Il était de plus en plus accro au jeu et a fini par tout perdre. N’assumant plus ses loyers, ses charges il a commencé à se faire des ennemis, parmi les administrations mais surtout auprès des autres joueurs, à qui il promettait de rembourser sans jamais le faire. La situation est devenue plus que critique le jour où sa tête a été mise à prix.

Plutôt que de se ressaisir et demander de l’aide, sa décision a été de fuir. Loin, très loin. Sans en parler à ses proches il prend la direction du Mexique. Il leur laisse juste une lettre leur disant qu’il s’en va faire du bénévolat dans un autre pays.

Cela fait maintenant 3 mois qu’il est installé à Mexico. Il fait bien du bénévolat dans un orphelinat. Comme il parle espagnol, il est guide pour une petite agence de tourisme. Il n’a pas joué depuis qu’il est ici. De toute façon il n’a pas le matériel pour jouer en ligne et ne connaît personne sur place pour jouer.

Sa rencontre avec une bienfaitrice de l’orphelinat, un peu mystérieuse, n’est sûrement pas étrangère à ce changement. Il est sur un petit nuage. A croire, que tous ses problèmes se sont envolés. Il n’a pas donné de nouvelles à ses proches, craignant leur attitude et aussi de se faire prendre. Il a une vie tranquille entre son emploi de guide et ses quelques heures de bénévolat, ainsi que son histoire d’amour toute nouvelle. Il est heureux et ne se voit pas retourner un jour en France. Déjà car il risquerait la prison, voire pire s’il revoyait quelques connaissances. Et puis il est fou amoureux d’Olivia.

Olivia c’est le genre de femme qui a tout pour elle. Belle, grande, les cheveux bruns et des yeux d’un bleu profond. Difficile de résister à son charme. De plus elle a une très belle éloquence. Elle parle plusieurs langues. Espagnol, italien, chinois et russe. Personne ne sait vraiment de quoi elle vit, mais elle donne régulièrement de grosses sommes d’argent. Même auprès d’Esteban elle reste mystérieuse sur ses revenus. Jusqu’au jour où elle lui demande d’emmener un paquet dans une villa d’un de ses amis, car elle, ne peut s’y rendre. Il est un peu interloqué mais y va quand même. Il ne sait pas ce qu’il y a dedans mais s’en fiche. Sa belle lui a demandé et il s’exécute sans rien dire. Puis un 2me paquet, un 3me. Cette histoire commence à l’interroger. Il demande à Olivia, mais celle-ci s’agace. Il ne l’a jamais vu comme ça. Un jour il dit à sa belle, qu’il ne veut pas y aller. Elle sort de ses gonds et  menace de le quitter. Il ne comprend pas pourquoi elle a réagi comme ça. Finalement il se décide à y aller, mais avec une idée en tête. Jusqu’à présent il n’a jamais ouvert un de ces paquets. Cette fois-ci, il va regarder.

Garé à une centaine de mètre de la villa, il ouvre délicatement et aperçoit un sachet blanc. Oui c’est bien de la cocaïne qu’il transporte depuis plusieurs semaines. Il n’en revient pas. Sa belle Olivia, une dealeuse. Il se demande comment sortir de cette situation. Il se rend compte qu’il était aveuglé par son amour pour elle. Il tombe de haut et se demande comment il va s’en sortir.

De retour chez elle, il lui lance le paquet ouvert et demande des explications. Ni une ni deux, elle sort un pistolet et le menace. Jamais il n’aurait dû ouvrir ce paquet. Le met en garde de ne plus jamais croiser sa route. Esteban, s’en va en courant et rentre chez lui. Ferme la porte à clé, ses volets et se met à pleurer. L’histoire recommence, à l’autre bout du monde, il est à nouveau poursuivi. Ne sachant pas quoi faire, il va à l’orphelinat en regardant autour de lui, pour être sûr de ne pas être suivi.

Il raconte ce qu’il vient de vivre aux autres bénévoles. Ils sont tous interloqués et n’en reviennent pas. Comment cette charmante jeune femme peut-elle être une mafieuse ?

C’est finalement Claudia, une allemande qui est là depuis plusieurs années qu’il lui propose son aide. Elle a un ami qui tient un petit restaurant et il cherche un barman.

Ce restaurant se trouve à Seybaplaya, à plus de 1000 km de Mexico. Petite ville côtière très tranquille. Esteban hésite, mais ne peut pas refuser, il sait que sa vie est en jeu. Très triste de devoir quitter cet orphelinat où il a fait de belles rencontres, il enlace tout le monde et se font la promesse de se revoir, un jour.

Cela fait 6 mois qu’Esteban vit à Seybaplaya. Javier, l’ami de Claudia est devenu un de ses meilleurs amis. Il travaille avec lui dans son restaurant et ils ont décidé d’ouvrir une école de surf ensemble. Esteban s’occupe de la partie financière et communication, quant à Javier, surfeur émérite se charge des cours.

Tout va pour le mieux. Il reste malgré tout discret, car il sait qu’en France, ses problèmes ne sont pas résolus. L’argent qu’il gagne entre le restaurant et le club de surf, lui permette de mettre de l’argent de côté, et s’est fait la promesse de rembourser tout ce qu’il devait.

C’est comme ça qu’au bout de deux ans, sans dire où il était, il a commencé à donner de ses nouvelles et à rembourser ses dettes par l’intermédiaire de sa sœur.

Voilà ce que ce tirage de carte m’a inspiré. Tout est parti du Bateleur avec son chapeau, qui m’a fait penser au Mexique.

pages préparatoires
Mon travail préparatoire

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